Alors que l'accouchement à la maison est encore peu pratiqué en France, Cécile Collonge nous dévoile ce que lui a apporté d'enfanter chez elle...
Cécile Collonge: De façon concrète, ce que j’ai appris de mes 2 accouchements à la maison, et que j’aurais pu difficilement apprendre ailleurs c’est d’avoir eu confiance en ce que je pouvais ressentir, et en mon bébé, grâce à une longue écoute.
J’ai pu dire beaucoup de mes peurs, de mes doutes avant la naissance, me soulager tout du long car bien souvent les rencontres avec la sage-femme étaient l’occasion de grande conversation, de confidence !
Chez soi, le fait de ne pas avoir recours à d’autres possibilités comme la péridurale ou l’ocytocine pour accélérer le travail, m'a aidé à plonger en moi-même et à trouver mes propres solutions.
Lors de mon premier accouchement. Bouger dans tous les sens avec une participation incroyablement physique de mon compagnon pour me soutenir dans mes acrobaties.
Rester seule, accroupie et arrondie autour d’un ballon de gymnastique, sans bouger pour mon second enfant…
Ensuite, le « temps », je crois, est tout autre. Je n’ai jamais vraiment su quelle heure il était, ni mesuré la durée de mes contractions… Je n’ai jamais eu envie de savoir où en était le travail, et la sage-femme ne me l’a pas dit avec des nombres (dilatation à 8, etc.). Je me suis beaucoup observé, j’ai assez bien suivi cette transformation physique : l’assouplissement du périnée, l’engagement de mon enfant dans mon bassin, la poussée involontaire, juste avant l’expulsion qui s’est imposée à moi…
Le soutien : traditionnellement je crois, les femmes s’organisent autour des sages-femmes afin de se soutenir, se rencontrer, parler ensemble. Dans cette dynamique, la présence des doulas par exemple me semble intéressante, certaines femmes ont besoin, plus que d’autre, d’être entourées au moment d’une naissance.
Quel plaisir que d’accueillir chez soi quelqu’un qui va participer à la naissance de votre enfant! Vous l’y invitez, c’est une relation très différente.
Je pense enfin que prétendre vouloir ou souhaiter que chaque femme accouche chez elles n’a pas de sens. Il s’agit d’un choix personnel, d’un cheminement.
Mon souhait serait que l’AAD soit reconnu comme choix possible, et qu’il soit proposé aux femmes d’une manière juste (donc avec des informations suffisantes données au cours de la grossesse)…
L’AAD pour moi, c’est en réalité revendiquer que la femme reste au centre du processus de la naissance, qu’elle soit actrice de ce moment…
Mettre un monde, c’était pour moi une étape gigantesque, la mer à traverser, l’Himalaya à conquérir ! Lorsqu’on en est actrice de ce moment, cela donne une force que l’on garde et qui nous fait grandir. C'est sans doute cette belle leçon de vie apprise lors de ces deux naissances qui m’habite encore aujourd'hui.